Expulsion de l’imam salafiste marseillais vers l’Algérie

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Un influent imam salafiste marseillais, accusé par le ministre de l’Intérieur français de prêches haineux et extrémistes, a été expulsé vendredi 20 avril au matin vers l’Algérie.

L’arrêté d’expulsion d’El Hadi Doudi, placé en centre de rétention administrative mardi, a été exécuté vendredi, au lendemain du rejet d’un recours qu’il avait déposé devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Qui était cet imam ? Que lui reprochent les autorités ? Comment se défend-il ?

L’imam El Hadi Doudi est âgé de 63 ans. Il était de longue date dans le viseur de la police marseillaise, qui le considérait comme une « référence » du salafisme en France, notamment sur internet, et s’inquiétait de son influence radicale. Sa mosquée, As-Sounna, l’une des cinq plus vastes de Marseille, avait été fermée fin 2017 par la préfecture de police..

El Hadi Doudi, arrivé en France en 1981 et père de sept enfants dont les trois derniers sont mineurs, avait ensuite comparu devant une commission composée de magistrats administratifs et judiciaires marseillais, qui avait donné un avis positif à une expulsion, le 8 mars.

Que lui reprochent les autorités ?

Les autorités reprochent à l’imam des discours qui « appellent à la défaite et à la destruction des mécréants », « incitent à l’application de la loi du talion à l’encontre de ceux qui combattent Dieu et son prophète et à l’égard desquels la sentence de Dieu est la mort ou la crucifixion », expliquait fin 2017 la préfecture.

Comment se défend l’imam ?

De son côté, l’imam s’est toujours défendu de tout appel à la haine. Lors de la fermeture de sa mosquée, ses fidèles juraient venir y chercher un islam salafiste « quiétiste », une lecture littérale des textes fondateurs de l’islam mais opposée à la violence djihadiste.

Devant la commission d’expulsion, son avocat Me Nabil Boudi avait contesté les pièces produites par l’administration, et notamment la note blanche des services de renseignement, estimant qu’il s’agissait de propos tronqués ou mal traduits.

L’avocat avait tenté un ultime recours mardi, devant la CEDH, invoquant le risque que son client subisse des tortures ou « traitements inhumains ou dégradants » s’il était expulsé vers l’Algérie. Mais les juges européens ont finalement autorisé jeudi son expulsion, « à la lumière des informations fournies par les parties ».

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